
Cinq mois sans toi
Margaux, tu as pris ton envol il y a 5 mois jour pour jour. Depuis ce haïssable 11 mai 2021, je suis terrassée par les cinq mois les plus douloureux de mon existence. La vie a repris pour la majorité. De moins en moins de personne me parle de toi. C’est terrifiant et j’en souffre. J’aurais tant besoin de parler de toi encore et encore, te faire exister encore et encore, te faire respirer encore et encore. Impossible de faire le deuil de toi ! C’est impensable ! Le temps nous éloigne. C’est comme si tu n’existais plus. C’est comme si on t’avait gommée de notre monde…
L’autre soir, je suis venue me recueillir au cimetière. J’ai poussé le portail, je me suis accroupie et j’ai imaginé ton petit corps sans vie un mètre sous terre. J’ai pensé à haute voix « Que fais-tu à cet endroit ? Ce n’est pas là ta place, ma chérie. Ta place est auprès de nous, dans notre foyer. Tu ne devrais pas te trouver à l’intérieur de ce cercueil blanc, dans l’obscurité la plus totale ». Un coup de poignard s’est enfoncé dans ma plaie béante qui a laissé ma chair à vif depuis ton décès. Je semble supporter l’insupportable, je semble accepter l’inacceptable, je semble tenir face à l’insoutenable. Et pourtant … Et pourtant tout est si fragile, si instable, je me trouve perpétuellement sur le fil du rasoir. La moindre rafale menace de tout dévaster et de venir ébranler mon équilibre si précaire qui me permet, pour le moment, de ne pas chuter. L’espérance est ma seule issue. Je m’y cramponne fermement. Il en va de ma survie.
« Il suffit d’une minuscule graine d’espoir pour planter tout un champ de bonheur… et d’un peu de patience pour lui laisser le temps de pousser ».
L’existence ne se termine pas à la mort. J’en suis certaine. C’est ce que je ressens au plus profond de moi. Chaque disparu laisse des traces indélébiles sur terre et elles sont éternelles. Margaux, mon trésor, tu existes dans chacune d’elles. Tu vis au sein de notre mémoire, au plus profond de notre âme, dans l’amour de chacun. J’y crois … J’ai foi en la vie, j’ai confiance en l’avenir. Le bonheur n’est pas très loin. Je m’accroche et je ne tomberai pas.
Je t’aime mon ange »